
(Au nord du centre ville, coule un petit bras du Donau (Danube), rivière qui traverse dix pays européens, ainsi que quatre capitales, dont Vienne)
Vienne était la première étape de mon voyage d'après-Noël. Température à l'arrivée : -11°C. Il n'y a pas de neige, mais tout est gelé et la brume diffuse la lumière rosée du matin. Pour rejoindre le centre de Vienne, il faut effectuer vingt-cinq minutes de bus avec la compagnie Vienna Airport Lines pour 8 €. J'aime bien ces trajets qui donnent un premier aperçu d'un pays, et surtout qui permettent de voir un bout de campagne avant de rejoindre la ville. En arrivant à neuf heures, la ville est encore en train de se réveiller, je marche dans le centre au milieu des camions de livraisons, des balayeurs et des classes en sorties scolaires. Ce quartier semble très luxueux mais je rentre sans regarder dans une brasserie où les prix semblent abordables au milieu des bijoutiers. Erreur : c'est un "café français", avec des pubs pour Carrefour en français dans le texte, des croissants secs, une serveuse qui me bouscule sans s'excuser et ni wifi ni prises électriques. N'ayant pas vraiment eu le temps de préparer mon voyage, je me suis rendue à l'office de tourisme où j'ai trouvé une carte de la ville, des dépliants touristiques et acheté un pass 72h de transport pour 16,50 €, avantageux car le ticket unique coûte 2,20 € ! Il était tôt, j'étais fatiguée et je n'avais pas envie de réfléchir, j'ai donc décidé de jouer à "j'ai testé pour vous..." le parcours piéton proposé par l'office pour découvrir la ville. Bien sûr, il passe par les lieux majeurs, mais très vite j'ai trouvé cela assez limité. En effet, le parcours faisait parfois des détours pour visiter une église pas vraiment particulière, mais au croisement d'une rue j'apercevais un monument, une galerie ou un passage bien plus intéressant!

Le Burggarten est un jardin très paisible situé à l'arrière de la Hofburg, le palais qui a accueilli de nombreux dirigeants d'Autriche et est aujourd'hui la résidence du président. En contournant le palais, je suis arrivée sur la Heldenplatz, qui était malheureusement gâchée par d'immenses travaux de rénovation, puis j'ai profité du soleil – après plusieurs mois de soleil raz estonien, mes yeux étaient un peu choqués par tant de luminosité ! – dans le Volksgarten, en face du Parlement dont le bâtiment me rappelle un peu le Palais Bourbon à Paris.

L'église gothique des Minimes était assez jolie, mais loin d'être aussi attrayant que ce que j'ai découvert en déviant du parcours et en m'aventurant place Freyung. D'abord, le passage Freyung qui traverse le Palais Ferstel, j'aime beaucoup l'ambiance de ces galeries, composées de restaurants, magasins de luxe et d'antiquité. Ensuite, le Schottenstift, une immense abbaye, très richement décorée à l'intérieur, et enfin le Palais Kinsky, qui abrite une maison de vente, où j'ai pu entrer pour admirer la cage d'escalier, les grands miroirs et les fresques au plafond.


De même, la place Am Hof ne m'a pas beaucoup impressionnée, car c'est une place parking entourée de bâtiments – très beaux, certe – mais immenses. Dans une rue transversale j'ai remarqué la magnifique façade jugendstil (art-nouveau) d'une pharmacie. Puis en dépassant la Judenplatz, j'en ai repéré une seconde !


Grâce à la magie de l'internet et du freelance, et le fait d'être seule, j'ai lié travail et voyage, ce qui m'a permis de tester plus de cafés que d'habitude. J'ai ainsi réalisé le fait que j'ai maintenant pris l'habitude de vivre dans un pays hyper-connecté, où en entrant dans un café je ne me pose même plus la question, il y a forcément du wifi et des prises, et même dans la rue il y a des réseaux accessibles. Ce n'est pas le cas à Vienne, mais j'ai tout de même finalement trouvé un café sympa en plein centre, Lilette's, lumineux et connecté où j'ai pu sans problème m'installer pour travailler quelques heures. L'autre café que j'ai beaucoup apprécié s'appelle Urania, un observatoire astronomique où se trouve aussi une salle de théâtre et un cinéma. En fin de journée, j'ai pu admirer les couleurs roses et bleutées s'étendre sur le Danube et la ville.

Mon logement était à l'extérieur du centre ville, j'ai trouvé les transports simples à prendre et particulièrement le métro qui est assez petit avec ses six lignes. J'ai été agréablement surprise par la propreté des souterrains, et par le fait qu'il n'y ait pas de barrières pour empêcher la fraude. D'ailleurs, il ne faut même pas valider lorsque l'on a un Pass. Cependant, au fur et à mesure de mes voyages, je commence à comprendre que la foule, la saleté et la suspicion sont des caractéristiques propres au métro parisien ! Mon hostel, Prime Rooms (au prix très raisonnable de 13 € la nuit), était situé à côté du domaine de Schönbrunn, c'était une grande maison partagée avec des jeunes venant de partout, le plan idéal pour un voyage en solitaire : j'ai ainsi passé une soirée – et un séjour – conviviale avec des espagnols, égyptiens, chiliens, coréens, autrichiens...

Vienne, c'est une grande ville, où tout semble démesuré. Les bâtiments sont droits et hauts, cela m'a un peu rappelé Modène, ou d'autres villes Italiennes, mais avec les façades colorées comme dans les villes du nord. Habituée à Tallinn où les points les plus hauts sont des églises (et les quatre buildings du quartier moderne), je suis toujours un peu impressionnée !
Si je dois retenir un mot pour caractériser cette ville, ce serai jugendstil. Je vous ai montré des façades de pharmacies, mais ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres, ce style est omniprésent, et quelques bâtiments sont particulièrement notables. D'abord, des constructions de l'architecte Otto Wagner, les pavillons de la Karltplatz, qui marque une des entrées du métro, ainsi que les Wienzeilenhauser (au métro Kettenbruckengass) dont j'ai adoré les façades décorées et colorées. Le Palais de Sécession est tout aussi impréssionant avec sa couleur immaculée et sa coupole dorée. Il abrite une fresque de Gustave Klimt, originaire de Vienne, mais que je n'ai pas eu le temps d'aller voir. Pour aller des grand immeubles à Sécession, il faut traverser le Nacht market. C'est un immense marché, plus de cent étales, composées de petites boutiques, de cafés et restaurants. Malheureusement j'ai eu la bonne idée d'y aller le dimanche, absolument TOUT était fermé et désert.




Vienne, ce n'est pas seulement le jugendstil. Friedensreich Hundertwasser est un artiste viennois du XXe siècle, il est notamment l'auteur de nombreuses architectures étonnantes en Autriche, mais aussi en Allemagne, au Japon et quelques autres villes à travers le monde. À Vienne, on peut admirer la Hundertwasserhaus construite dans les années 1980, où des planchers irréguliers et des plantes se mélangent pour un résultat mouvant et coloré. L'artiste est également le concepteur du Fernwärme, l'incinérateur de Vienne.


Enfin, Vienne c'est le fief de l'Empire d'Autriche, c'est Sissi l'impératrice, Marie-Thérèse ou Marie-Antoinette, et la ville est parsemée de palais et châteaux. À côté de la Hofburg, se trouve la Place Marie-Thérèse, aussi grande que la personne, encadrée par ses deux palais identiques qui abritent des musées, et dont l'atmosphère est très énigmatique durant la nuit, à cause de la brume qui s'enroule autour des statues et des boules de buis.


Un petit peu en dehors du centre-ville, j'ai découvert le Palais du Belvédère, château baroque qui abrite également des musées. Le jardin avait de très jolies statues, et surtout j'ai vu un très beau coucher de soleil sur la ville (que c'est cliché !)

Enfin, le célèbre Schloß Schönbrunn. Je m'y suis rendu à pied depuis mon hostel, en passant par la Gloriette, pavillon sur les hauteurs qui offre une vue imprenable sur un bassin gelé, les jardins et le château. C'est le château de la dynastie des Habsbourg, et connu pour être la résidence d'été de Sissi.Je ne connais pas vraiment l'histoire de cette personnalité emblématique, alors j'ai apprécié d'avoir l'audio-guide, dans ce château très froid (où il est obligatoire de laisser au vestiaire son sac, mais recommandé de garder son manteau....) Surtout, ce que j'ai aimé c'est de déambuler sur les pas de Marie-Antoinette, qui y a passé une petite partie de sa jeunesse, parce que c'est elle qui m'a fasciné pendant très longtemps, pas Sissi l'impératrice !



Lors de mon passage éclair à Riga avant de prendre l'avion pour Oslo, j'ai sympathisé avec un polonais qui logeait dans le même Airbnb que Robin et moi. Kamil vient de Varsovie, il a pris une année sabbatique pour voyager. Je lui ai conseillé des lieux à visiter lorsqu'il est allé à Paris, et il m'a donné des conseils pour visiter Vienne, où il vient d'emménager pour reprendre ses études. C'est avec plaisir que je l'ai retrouvé durant ma deuxième journée, avec sa coloc Izabela, pour une bonne après-midi où ils m'ont fait découvrir leurs endroits préférés de la capitale autrichienne.

La quatrième et dernière journée, ils se sont à nouveau joins à moi pour visiter l'Albertina Museum. J'ai découvert le mouvement expressionniste Die Brücke, et des œuvres méconnues d'artistes bien connus : mes amis ont trouvé drôle de me photographier devant un portrait de Paul Gauguin nommé Britain Girl, j'ai vu des Nymphéas (encore!), des esquisses de Picasso aux allures d'estampes japonaises et La –magnifique– dormeuse aux fleurs de Chagall. J'ai aussi adoré l'exposition temporaire sur les photographies de tournage, destinées à la promotion des films.

Ensuite, nous sommes allés dîner à Gasthaus Reinthaler, un restaurant typiquement autrichien où les serveuses sont vêtues d'une tenue traditionnelle. J'ai enfin appris ce que sont les fameux schnitzel : tout simplement des escalopes de poulet ou de porc panées ! Nous avons dîné à 17h, puis sommes allés boire un cappuccino à 20h, ça ne me semble pas très logique mais vu le monde partout, cela doit être un rythme normal pour les locaux ! Ce que je n'ai pas aimé, c'est le fait qu'il est autorisé de fumer dans les lieux publics. En fait, je me rends compte que je n'ai jamais vraiment connu les cafés enfumés en France, ça fait déjà 10 ans que c'est interdit et tant mieux ! Hésitante à cause du froid, je me suis tout de même dit que ce serai dommage de quitter la ville sans entrer dans la Cathédrale Saint-Étienne, monument important de la ville. Impressionnante de l'extérieur, en entrant je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la splendeur de Notre-Dame de Paris. Et oui, je visite de nombreux pays et monuments, mais après tout, pourquoi faudrait-il que ce soit toujours mieux ailleurs? En comparaison avec d'autres capitales, Paris à ses défauts, mais certainement pas d'un point de vue culturel!

Dire au revoir à Kamil et Izabela était un peu triste, cette fois nous ne savions pas si, ou quand nous nous reverrions. Mais heureusement, ce n'était pas la fin de mon voyage, la suite du programme était Salzbourg et retrouvailles françaises, puis Bratislava !
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