
Partir en Erasmus l'année de son mémoire : LA BONNE IDÉE !




Si tu es organisé, ou bien que tu n'as simplement pas envie de galérer – souffrir – stresser – penser que tu es totalement stupide – pleurer, suis ces quelques conseils ! (basés sur mon expérience et pour beaucoup grâce l'aide de ma grande sœur Sophie qui est bibliothécaire :)
– Dès que tu es officiellement accepté dans ton université à l'étranger (bravo!), réfléchis à quelques pistes de sujet de mémoire qui t'intéressent, même si ce sera totalement différent à l'arrivée, et prépare ton CV.
– Début juin (quand les profs sont débarrassés des soutenances de mémoires et exams), prends contact avec plusieurs potentiels directeurs de mémoire en leur présentant ces pistes et ton CV. – Dès que tu as une réponse positive, prends rendez-vous avec ton directeur pour discuter du sujet avant l'été. Cette étape est déterminante pour la suite. D'abord, parce que c'est la seule fois où tu auras un contact physique avec ton directeur, qui va te suivre toute l'année. Ensuite, parce que ce jour la ton directeur devrait te montrer des exemples de mémoires qu'il a suivit l'année précédente (s'il ne le fait pas, tu peux le lui demander). Enfin, parce que cela te permet de te préparer pour l'étape suivante.

– ALERTE importance capitale ! Profite de l'été pour définir et réunir ton corpus (c'est à dire l'ensemble des documents dont tu feras l'étude pour mener ta réflexion) et ta bibliographie (les ouvrages théoriques et de référence qui t'aident à appuyer et justifier tes propos), feuillète des bouquins, photographie les pages qui t'intéressent ou achète les livres, magazines, etc. C'est extrêmement important car depuis l'étranger c'est compliqué de se procurer les ouvrages. Il n'y a pas grand chose en français, et commander des ouvrages, c'est complexe : c'est long, c'est cher (autour de 30 € par livre à cause des frais de port) et surtout tu ne seras même pas sûr que le contenu sera effectivement intéressant !
Si tu n'as pas pu réunir tous tes supports textuels avant de partir ou que tu as besoin de nouvelles ressources car ton sujet évolue, et que tu commences à galérer – souffrir – stresser – penser que tu es totalement stupide – pleurer : reste calme, il existe des solutions ! Mais sache que ça reste un peu galère, un peu stressant, et une perte de temps incroyable, alors bouge toi pendant tes quatre mois de vacances, feignasse !
– Si ne n'est pas déjà fait, apprends à utiliser le moteur de recherche de ta BU (Virtuose + à Paris 3), car cela te donne accès à de très nombreux articles scientifiques en ligne, notamment sur Cairn ou Gallica, ou bien au SUDOC (dont je parle plus loin) ou à l'Encyclopédie Universalis par exemple.
– Vérifie sur le catalogue de la Bibliothèque de ton université d'accueil (ou bien la bibliothèque nationale si tu es dans une capitale), car si ce sont des auteurs importants dans ton domaine de recherche, il y a de grandes chances pour que tu trouves ces ouvrages ! Par exemple, dans le domaine de la communication et de la linguistique, j'ai trouvé plein d'ouvrages en français de Roland Barthes et Dominique Maingueneau à l'Academic Library de Tallinn University. Si c'est pas merveilleux ça ! Et puis si tu es devenu super à l'aise en anglais, tu peux même peut-être (ou au pire) les trouver en anglais – good luck pour bosser sur des textes scientifiques en langue étrangère !
– Dans certaines villes il y a des librairies françaises – ou au moins un rayon – ou bien une médiathèque dans l'Institut Français. Et si jamais ton sujet porte sur la presse, tu peux trouver des documents dans des endroits totalement random, par exemple à Tallinn, dans la salle d'attente de l'Ambassade de France en Estonie..! Bref, renseigne toi dans les trucs français de ta ville.
– Demande à la BU de ton université d'accueil si le Prêt entre bibliothèques (PEB) (en anglais, Interlibrary Loan) est disponible. Ce service permet de faire venir dans ta BU un document provenant de n'importe quelle bibliothèque du monde participant ce service. Pour cela il faut vérifier sur le site du SUDOC (via si l'ouvrage est disponible quelque part, puis tu remplis un formulaire en ligne, paye les frais de port, puis après 2 – 4 semaines d'attente, tu peux l'emprunter comme n'importe quel autre livre. Par exemple, j'ai commandé un livre français auprès de la Bibliothèque de Tallinn University, ils l'ont fait venir d'Espagne pour 13 € et j'ai reçu le livre après 3 semaines d'attente. À toi de juger de l'urgence de la lecture et de choisir la bonne formule : Amazon / 1 semaine / ~ 30 € ou Interlibrary Loan / durée indéterminée / ~15 € / Pas de poids supplémentaire dans les bagages au retour.
– Tu peux aussi avoir besoin de ressources qui ne sont disponibles ni en ligne, ni dans les bibliothèques universitaires (pour moi, c'était une partie de mon corpus composé de magazines pour enfants). Là, je n'ai trouvé qu'une seule solution, demandez à votre maman/sœur/copain d'aller à la bibliothèque municipale et de photographier tout ce dont vous avez besoin (alors sois arrangeant, prépare une liste claire et assure toi de la disponibilité des ouvrages !)
– Sur le même principe, j'avais lancé un appel sur le groupe de mon université car il y a plein d'étudiants qui vont régulièrement à la BU ou à la BNF, et qui peuvent au passage te photographier quelques pages.

– Le catalogue de la BNF est plein de ressources, car toutes les publications françaises y sont référencées. Ça peut aussi être très pratique pour créer ta bibliographie. Au fur et à mesure de tes recherches, trouve les ouvrages que tu consultes dans le catalogue de la BNF puis enregistre-les dans Zotero, un gestionnaire de bibliographie. Ça te permet de tout ranger, de ne pas perdre les liens des documents et surtout, surtout, de générer automatiquement ta bibliographie rédigée et mise en forme aux normes que tu souhaites !

– Si tu as besoin d'aide pour une recherche de documents, besoin d'un renseignement sur le PEB, ou toute autre demande qui a trait à la documentation, aux bibliothèques, contacte un bibliothécaire sur Ubib.fr ou ta BU par mail.

– Si il ne te le propose pas, demande à ton directeur de mémoire de t'ajouter à la boucle de mails qu'il envoie aux autres étudiants qu'il suit. En effet, même si tu n'es pas sur le même rythme, c'est bien d'avoir une idée de l'avancement des autres, car on est un peu isolé face au mémoire quand on est à l'étranger (et qu'on n'a pas trop l'occasion d'en parler dans les couloirs avec ses potes)

Et puis un dernier conseil, garde contact avec tes gentils copains restés à la fac qui pourront t'envoyer leurs cours de méthodologie, te dire ou ils en sont, et t'aider à gérer tes crises, car sois bien sûr que les autres gens qui sont en Erasmus (et n'ont pas de mémoire à faire) ont d'autres préoccupations plus importantes que t'écouter te plaindre, comme sortir, finir leurs assignements à rendre ou préparer des voyages !

En fait, le mieux c'est de plutôt partir en Erasmus en L3, comme ça pas de mémoire, et surtout vous pourrez repartir une seconde fois en master, et ça c'est très, très cool !

Big up & thank you Sophie, Luc, Juliette et Valériane pour votre aide ! ;-)